mercredi 13 septembre 2017

La presse en parle.

A Douarnenez, le « Chemin de croix » de Souleymane Baldé

Arrivé en France en 2016, ce migrant originaire de Guinée a raconté son parcours à travers l’Afrique sur une fresque brodée qu’il est venu présenter au festival de cinéma de la ville bretonne.
LE MONDE |  • Mis à jour le  | Réagi
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Souleymane Baldé au Festival de cinéma de Douarnenez, avec l’un des quatorze tableaux de sa fresque en tissu.

C’est une histoire de migrant entre l’Afrique subsaharienne et la France, comme il en existe des milliers d’autres. Une histoire de traversée du désert à pied, de séjours en prison, de coups de matraque, de truands nommés passeurs, de centres de rétention, de retours à la case départ et de canot pneumatique qui chavire en pleine mer. Une histoire comme tant d’autres, oui, mais que Souleymane Baldé a décidé de raconter par le biais d’un récit particulier : un ensemble de quatorze tableaux en tissu, brodés et peints de sa main.

Quand il vivait en Guinée, le jeune homme pratiquait le tricot et la broderie au sein d’un petit collectif appelé Africa Culture. En arrivant en France en 2016, il a mis en image son parcours migratoire à l’aide de vieux draps et d’un crochet en métal, le seul objet qu’il a pu conserver de son périple agité, long de deux ans.
Tableau n° 2 – La traversée de la frontière entre la Guinée et le Sénégal.
Hébergé dans un foyer de jeunes travailleurs à Lille, Souleymane Baldé est l’invité du Festival de cinéma de Douarnenez (Finistère), où il est venu participer à la création d’un court-métrage d’animation à partir de son parcours. Consacrée aux questions identitaires et aux minorités, la manifestation célèbre sa quarantième édition cette année autour d’un thème transversal, maintes fois abordé depuis sa création par la Maison des jeunes et de la culture (MJC) de la ville : la notion de frontière.
Souleymane Baldé connaît bien le sujet, lui qui n’a fait que les sauter, les frontières, d’un pays à l’autre : Guinée, SénégalMaliAlgérieMarocEspagne, France. C’est grâce à une plasticienne lilloise, Capucine Desoomer, rencontrée par le biais d’une association d’aide aux migrants, qu’il a pu confectionner sa série de patchworks, appelée Mon Chemin de croix, quand bien même il n’est pas catholique. « Mon intention était de sensibiliser les gens à la question migratoire, à travers un témoignage direct et artistique », explique-t-il.
Tableau n° 6 – A l’intérieur d’un « ghetto », camp où sont parqués les candidats à la migration. Le chef des passeurs, surnommé le « président », est doté d’une couronne.
Son odyssée commence en 2014 à Mamou, une ville située à 250 kilomètres de la capitale Conakry. Quand on lui demande ce qui l’a poussé à partir, Souleymane Baldé évoque « des raisons familiales », sans en dire davantage, ainsi que l’épidémie du virus Ebola en Afrique de l’ouest qui s’est déclenchée dans le sud-est de la Guinée en décembre 2013. Il remplit alors son sac de débardeurs et de bonnets qu’il a tricotés afin de les vendre sur la route pour subvenir à ses besoins.
Sa première étape est la station balnéaire de Saly Portudal, au Sénégal, où il reste cinq mois. La suivante sera Gao, au Mali, où son chemin va croiser celui des rebelles touaregs du Mouvement national pour la libération de l’Azawad. « C’est en arrivant aux portes du désert qu’on mesure combien est difficile un parcours migratoire », dit-il.
Tableau n° 7 – Affectés à des tâches de manœuvre pour payer les passeurs, les migrants sont représentés en pointillé, manière de rappeler qu’ils doivent rester invisibles.
Il faut une heure à Souleymane Baldé pour relater l’ensemble des événements qui ont jalonné son expédition. Sa traversée du désert à pied, « pendant quatre ou cinq jours », jusqu’à la frontière algérienne ; son intégration au sein d’un « ghetto », ces camps où les passeurs font attendre les migrants ; son embauche au sein d’entreprises de BTP et de maraîchage abusant d’une main-d’œuvre vulnérable ; son emprisonnement pendant un mois pour défaut de titre de séjour ; les coups de trique de la police marocaine ; son refoulement en Algérie ; son retour au Maroc. Ses trois tentatives, enfin, de traversées de la Méditerranée.
La première est un échec : « La boussole du bateau s’est cassée. Nous nous sommes perdus en mer et sommes restés quatre jours et quatre nuits sans boire ni manger. Il n’y avait plus de carburant, nous avons dû jeter le moteur pour continuer à flotter. La Croix rouge marocaine nous a récupérés. Nous avons ensuite été refoulés dans le désert. »
La deuxième tentative tournera au cauchemar : « Le Zodiac était percé mais les passeurs nous ont obligés à monter dedans. Le bateau a coulé. Il y avait 65 migrants à bord, originaires de tous les pays de l’Afrique subsaharienne, des enfants, des adultes, des personnes âgées… Seuls 15 ont survécu. Les sauveteurs m’ont trouvé à moitié évanoui, accroché à une partie du bateau qui flottait. »
Tableau n° 10 – La traversée de la Méditerranée sur une embarcation de fortune, livrée à tous les dangers.
Traumatisé, Souleymane Baldé attendra plusieurs mois avant d’effectuer une dernière tentative, jusqu’à l’enclave espagnole de Ceuta. Ce sera la bonne. Il intègre alors le centre de séjour temporaire pour étrangers (CETI) d’où il ressort avec un ordre d’expulsion, document qui n’est presque jamais exécuté. Pris en charge par une association madrilène, il rejoindra ensuite Lille de son propre chef, attiré par la tradition textile du Nord.
« On m’a dit qu’il y avait là-bas plein d’artistes travaillant le tissu. On ne m’avait pas dit, par contre, qu’il y faisait si froid. » Il restera six mois sous une tente du camp de migrants du parc des Olieux, jusqu’à son démantèlement en novembre 2016.
Tout cela est raconté sur sa tapisserie en quatorze estampes, brodée au fil de soie. L’artiste a fait assaut de symbolisme. Il a représenté son pays, la Guinée, sous l’aspect d’une femme enceinte afin de rappeler la fertilité de son sol. Le trait de contour des clandestins est en pointillé, façon de rappeler qu’ils doivent rester invisibles pour continuer à progresser. Le chef des passeurs d’un ghetto algérien a, lui, été gratifié d’une couronne : « Il se faisait appeler « président » et il avait un véritable gouvernement à sa botte. L’un de ses adjoints était le « ministre des transports », un autre le « ministre de la sécurité » ».
Tableau n° 14  – Une bouche cousue dont les fils ont été rompus.
Des matraques, des kalachnikovs, des routes sans fin et un bateau doté de jambes, comme dans la chanson enfantine, constellent également son œuvre. Jusqu’à l’image finale : une bouche cousue – rappelant l’initiative de migrants iraniens à Calais qui protestaient contre leur condition – mais dont les fils ont été rompus, signe d’une liberté d’expression retrouvée. Quelques mots, enfin, ont été écrits, les seuls de cette oeuvre située à la croisée de la bande dessinée et de l’art brut : « Je marche sans papier, je ne suis qu’un exilé, je ne vis que d’amour, je ne parle que de paix et je tiens à ma liberté. »
A Douarnenez, douze enfants ont participé à un atelier de la MJC consistant à adapter en film d’animation la fresque de Souleymane Baldé. Le jeune homme a enregistré son témoignage à l’oral et a fait numériser ses tableaux, avant de rejoindre Lille où l’attend une deuxième de bac pro en alternance dans le secteur du BTP. Pris en charge par les services sociaux du département, le candidat à un titre de séjour espère ensuite poursuivre des études d’architecture.
Son Chemin de croix en étoffe a été exposé à plusieurs reprises dans le Nord, en Ile-de-France et en Bretagne. Il s’est attaqué récemment à une version littéraire de son récit, dans l’espoir de trouver un éditeur.

La presse en parle.

Travailler: le grand défi des réfugiés arrivés en Allemagne

 PAR 
Après la vague qui a vu arriver environ un million d’exilés en 2015, l’Allemagne est confrontée à la question de leur intégration sur le marché du travail. Malgré leur volonté et leur esprit d’entreprise, les intéressés font face à un obstacle de taille : la barrière de la langue. Reportage à Berlin.


Berlin (Allemagne), de notre envoyée spéciale.- La boutique ne désemplit pas. C’est dimanche et les clients se succèdent, dans la chaleur étouffante de l’été berlinois. Dans le quartier de Neuköln où une importante communauté turque se mêle aux bobos, de plus en plus nombreux ces dernières années, Konditorei Damaskus propose en ce moment une quarantaine de pâtisseries syriennes différentes. Y figure une spécialité de Homs, le Helawa, sorte de rouleau fourré à la crème, aux saveurs intenses de pistache et de fleur d’oranger. « Nous avons ouvert le magasin l’an dernier, après six mois de démarches administratives et de recherche d’un local, raconte Tamem al-Sakka, le patron des lieux. Nous avons commencé à quatre. Nous sommes aujourd’hui une dizaine et nous allons bientôt ouvrir un grand atelier de fabrication pour augmenter notre production. » Avant de fonder une deuxième boutique, peut-être, dans un autre quartier de Berlin…
Pour consulter l'article dans son intégralité, c'est ici.

La presse en parle.

Réfugiés : un sas d’intégration à Montluçon

Un programme de formation au français, mais aussi professionnelle est expérimenté depuis avril.
LE MONDE |  • Mis à jour le  |A l’AFPA de Montluçon (Allier), un groupe de réfugiés et de stagiaires en formation de maçonnerie, le 25 juillet.
« Pas de français, pas de travail. Pas de travail, pas d’argent. Pas d’argent, pas de maison »… Scotché à l’entrée de l’Association pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) de Montluçon (Allier), le message rappelle aux vingt réfugiés du lieu la règle d’or de l’intégration. Ici, nul n’est censé ignorer que le chemin qui l’amènera à signer un bail en ville passe par un bon maniement de la langue.
Pas étonnant, dans ces conditions, que mardi 25 juillet, Safi, 24 ans, déborde de fierté en exhibant son niveau B1 de français. Un diplôme décroché la veille qui garantit que le jeune Afghan se débrouille dans sa vie quotidienne, s’exprime sur ses sujets familiers et ses domaines d’intérêt ; mais peut aussi décrire un espoir, un projet ou une idée.
S’il veut être un jour naturalisé français, il lui faudra le B2. Mais, en attendant, depuis le 14 avril et son emménagement dans une petite chambre de 7 mètres carrés du centre de formation, le réfugié a franchi un pas de géant. « Ma priorité c’est le français. Pour m’installer et devenir électricien. En Afghanistan je bricolais un peu, mais, là, je vais devenir un vrai professionnel », explique Safi, tout à cet horizon passant par l’apprentissage du français.
Pour cela, il multiplie les occasions de s’exprimer, comme la ronde du soir où il accompagne l’animateur, juste pour discuter, en plus des cours de français du matin et du MOOC (formation via Internet) qu’il suit l’après-midi. « Le soir, je suis épuisé. C’est très fatigant de faire autant d’heures de langue chaque jour », dit-il en souriant et en choisissant soigneusement ses mots.
Dispositif monté en trois jours
Arrivé en 2015 en France, il a d’abord rêvé de Londres et connu la « jungle » de Calais, avant d’opter pour la France et de s’ennuyer un an et trois mois dans le centre d’accueil et d’orientation (CAO) de Varennes-sur-Allier. Sa « chance » a été le terrible incendie qui a fait disparaître le...

Article à consulter dans son intégralité ici.

vendredi 8 septembre 2017

Appel aux bénévoles.

Bonjour,
Nous avons demandé aux membres du Réseau du Pays de Brest pour l’accueil des migrants dans la dignité de relayer cet appel à bénévolat : nous avons un besoin urgent d’aide pour les jeunes mineurs isolés étrangers (MIE.)

 La situation

Le Réseau héberge actuellement treize MIE, exclus temporairement de l’ASE, et donc à la rue en attendant la décision du juge des enfants. Ils sont logés dans deux T1, où la place manque et où la promiscuité devient inacceptable. La location de deux logements plus grands d'abord, puis d'un troisième appartement, est envisagée.

Marie-Jo et Nolwenn, bénévoles du Réseau, se sont énormément investies depuis le début de l’année dans chacun de ces T1, et sont entourées d’une petite équipe. Elles interviennent en termes de logistique quotidienne, et d’accompagnement des jeunes. Nous avons besoin de renforcer ces équipes, et d’en constituer une autre dans l’éventualité d’un troisième appartement.

 (précision : le volet accompagnement scolaire/français/alphabétisation n’est pas directement concerné par cet appel à bénévolat - une autre organisation, qui sera revue courant septembre, existe pour ça.)

 Les besoins


Concrètement, il faut organiser, pour chaque appartement, une équipe solide qui permette d’assurer le passage quasi-quotidien d’un adulte dans le logement (par roulement hebdomadaire, par exemple) à l’heure où les jeunes sont présents : discuter, jouer, leur apprendre à faire la cuisine, etc (libre cours à votre imagination), vérifier le respect des consignes et des plannings, et les écouter.

Le passage peut aussi permettre de s’engager sur l’un ou l’autre élément logistique comme par exemple (non exhaustif et dans le désordre) :
  • ·         Suivi du frigo : hygiène et dates limites, entretien
  • ·         Prise en charge de la literie (lavage/séchage : une machine à laver permet à chaque jeune de s’occuper de son linge, mais pour les draps c’est compliqué)
  • ·          Vérifier les RV ravitaillement, les stocks : accompagner/prendre ces RV si nécessaire (chaque semaine : Restos du cœur, la Halte, Entraide et Amitié ; 1 fois/mois chacun : secours populaire, il faut une voiture)
  • ·         Accompagnement aux RV médicaux,….
  • ·         etc
Tout est envisageable selon vos disponibilités/capacités/envies. L’engagement bénévole demandé ne doit pas être obligatoirement très long (deux à trois heures hebdomadaires peuvent convenir) ; il doit par contre être relativement régulier. Mieux on pourra s’organiser, plus ce sera « léger » pour chacun. Et il ne s’agit pas de « faire à la place des jeunes… » mais de leur apprendre à faire, de les aider à accéder à l’autonomie.

Pour les volontaires potentiels : une rencontre permettra de discuter de tout cela avant de vous engager 
Samedi 16 septembre à 10 h 30, école Vauban
rue de Maissin Brest (entrée face à la piscine de Recouvrance)

A propos de la condamnation de Cédric Herrou.

La décision de la Cour d’Appel d’Aix en Provence concernant Cédric Herrou est proprement stupéfiante sur le plan juridique, et très inquiétante si elle fait durablement jurisprudence. Résumé :
(1) L’article L. 622-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile punit de 30 000 euros d’amende et d’une peine de cinq ans d’emprisonnement « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d’un étranger en France ».
(2) En décembre 2012, une loi a précisé que l’aide au séjour ne peut donner lieu à des poursuites pénales « lorsque l’acte reproché n’a donné lieu à aucune contrepartie directe ou indirecte et consistait à fournir des conseils juridiques ou des prestations de restauration, d’hébergement ou de soins médicaux destinées à assurer des conditions de vie dignes et décentes à l’étranger, ou bien toute autre aide visant à préserver la dignité ou l’intégrité physique de celui-ci ». Ces exceptions ne concernent cependant pas l’aide à l’entrée et à la circulation des étrangers en situation irrégulière, seulement l’aide au séjour.
Ce texte avait à l’évidence pour but de mettre à l’abri des poursuites les personnes qui - contrairement aux passeurs - aident les migrants à titre humanitaire, sans recevoir de contrepartie en argent ou en nature. C’est sur cette base que Cédric Herrou a été relaxé en 1ère instance de tous les motifs de poursuite autres que l’aide au franchissement de la frontière (pour laquelle il avait été condamné à une peine symbolique).
(3) L’affaire aurait dû s’arrêter là, mais c’était sans compter sur l’acharnement du Procureur qui a fait appel. Et voilà qu’à cette occasion la Cour d’Appel, pour condamner et intimider C. Herrou – et au-delà tous ceux qui contrarient par leur action la politique migratoire en vigueur – développe un raisonnement juridiquement plus que scabreux.
Cédric Herrou n’a pas reçu des migrants qu’il aidé de contrepartie financière ou en nature ? certes, c’est le moins que l’on puisse dire. Mais qu’à cela ne tienne : la Cour trouve la contrepartie dans « la démarche d’action militante en vue de soustraire des étrangers aux contrôles mis en œuvre par les autorités » que mène et revendique C. Herrou.
Ce que donne C. Herrou devient quelque chose qu’il recevrait ! Pareil raisonnement est très inquiétant et permet de criminaliser en un grossier tour de passe-passe toute action humanitaire de soutien aux migrants. Il faut tout faire pour que la C.A. d’Aix qui s’illustre-là bien tristement, ne fasse pas école

L’Albanie veut s’attaquer à son émigration irrégulière.

Publié le 2-08-2017
Source : L’Obs
« Tirana (AFP) - L’Albanie est une démocratie et un pays considéré comme sûr mais reste un des premiers pourvoyeurs de demandeurs d’asile dans l’Union européenne, notamment en France : une émigration irrégulière à laquelle Tirana dit vouloir s’attaquer.
"Nous sommes décidés à stopper ce phénomène qui nous inquiète réellement", affirme à l’AFP la ministre adjointe de l’Intérieur, Rovena Voda, particulièrement préoccupée par la question des mineurs isolés.
L’Albanie est une nation d’émigration massive avec une diaspora communément évaluée à 1,2 million de personnes. Le salaire moyen y est de 340 euros et le chômage touche un tiers des jeunes.
Selon une récente étude Gallup, 56% des Albanais veulent émigrer si une possibilité se présente.
D’après Eurostat, en 2016, 28.925 Albanais ont demandé asile dans différents pays de l’UE, un chiffre particulièrement important pour une population de 2,9 millions d’habitants.
Cela place l’Albanie, candidate à l’adhésion à l’Union européenne, en haut de classement avec des pays comme la Syrie, l’Afganistan, le Pakistan, l’Iran ou encore l’Erythrée.
Avec deux destinations de prédilection : l’Allemagne et surtout la France, selon Aida Hajnaj, directrice de la police aux frontières et de la migration. Les trois quarts des demandes d’asile albanaises se font désormais dans ce pays, a récemment dit le ministre français de l’Intérieur, Gérard Collomb, évoquant un "problème fondamental".
Avec 7.432 dossiers enregistrés par les autorités françaises en 2016 (pour 2.040 expulsions), le phénomène a doublé sur un an et une grande partie des capacités d’hébergement est occupée par des Albanais aux dépens des ressortissants des pays en guerre. Et il semble même s’être accéléré puisque sur la première moitié de l’année environ, "4.208 ressortissants albanais ont encore demandé asile en France", reconnaît Aida Hajnaj.
- ’Plan d’action’ -
Une incongruité apparente puisque les Albanais viennent d’un pays considéré comme sûr par les autorités françaises. Mais tant que leur demande n’a pas été rejetée, ils sont pris en charge. Or, selon des sources policières albanaises, la France a un atout de taille aux yeux de ces candidats au départ : la lenteur de ses procédures. Le délai avant un rejet peut atteindre un an, parfois exploité pour tenter de passer en Angleterre.
La menace brandie par Paris et Berlin de rétablir les visas pour les Albanais, n’est sans doute pas pour rien dans la réaction albanaise. Le ministre de l’Intérieur Ditmir Bushati a rencontré fin juillet Gérard Collomb.
Selon Rovena Voda, Tirana a présenté à la France "un plan d’action visant à obtenir d’ici trois mois des résultats concrets en matière de lutte contre l’immigration irrégulière".
Sont prévus un renforcement des contrôles au départ, afin notamment de lutter plus efficacement contre l’émigration des mineurs isolés. Autre axe, un renforcement de la répression des réseaux criminels d’immigration.
Les policiers albanais "sont en train d’enquêter sur des agences, des cabinets d’avocat, des associations ou des maires qui fournissent de faux papiers aux candidats à l’exil", assure Rovena Voda.
- Rêves d’ailleurs -
Des sources policières expliquent que pour tenter de démontrer que leur vie est en danger, des candidats à l’exil n’hésitent pas à placer des explosifs sous leurs voitures ou devant leurs appartements. Une manière d’accréditer l’histoire qu’ils serviront : ils sont des victimes potentielles de la "Gjakmarrja", la vendetta albanaise, un phénomène en forte diminution.
Des conflits d’ordre foncier, des discriminations liées à l’orientation sexuelle, ou des violences intrafamiliales sont aussi parfois avancés.
Souvent, ce sont les parents eux-mêmes qui organisent l’exil de leurs enfants. En 2016, plus de 500 mineurs isolés ont été enregistrés en France, notamment dans l’est.
Mais ces parents "qui pensaient envoyer leurs enfants vers un avenir meilleur (...) ne se rendent pas compte qu’un certain nombre tombe dans les filets de trafiquants d’êtres humains qui les forcent à la prostitution et à la mendicité", dit à l’AFP Alain Bouchon qui dirige une association à Bourg-en-Bresse, dans l’est de la France.
Pour contrer ce phénomène, outre une attention accrue portée aux départs, les autorités albanaises ont désormais "engagé la responsabilité pénale" des parents. En mai, une mère de 44 ans, Miranda Loçka, a été condamnée à quatre mois de prison (transformés en 18 mois de mise à l’épreuve) pour avoir envoyé ses quatre enfants en Allemagne. »

Article original: http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20170802.AFP8333/l-albanie-veut-s-attaquer-a-son-emigration-irreguliere.html 


mardi 22 août 2017

Soirée de soutien SOS Méditerranée.

Mercredi soir, le Cinéma Even, Lesneven accueillera la projection du film " Les migrants ne savent pas nager ". A l'issue de la projection Stéphane Broc'h, Marin Lesnevien à bord de l'Aquarius (bateau affrété par SOS MEDITERRANEE France) nous parlera de la mission qu'il vient d'achever. Entrée gratuite.